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Quelques livres qui ont compté
Je me souviens du
premier livre que j’ai lu en entier, toute
seule, quand j’étais au C.P. C’était
« Boum au bord de la mer », de Enid Blyton,
dans la collection bibliothèque Rose. Je n’ai
aucun souvenir de l’histoire, mais je me
rappelle avec précision l’instant où j’ai
refermé le volume et ma fierté d’avoir lu
« tout » un livre. Je me demande si
aujourd’hui encore, je n’éprouve pas
encore ce même émerveillement quand je termine un
livre…
Bref, voici d’autres ouvrages qui ont jalonné mon parcours de lectrice jusqu’au lycée. Certains ont laissé une empreinte si tenace qu’on peut sûrement en retrouver des bribes plus ou moins évidentes dans les romans que j’écris.
Fantastique maître Renard et Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl
Le Tour du Monde en 80 jours et Michel Strogoff de Jules Verne
Le Castor Grogh et sa tribu d'Alberto Manzi
Deux pour Une d'Erich Kästner
L’île au trésor de Stevenson
Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter
Les poèmes de Prévert et de Blaise Cendrars
E=MC2 mon amour de Patrick Cauvin
Les aventures du Baron de Münchausen
Croc-Blanc et l’Appel de la forêt de Jack London
Les Clés du Royaume de A.J. Cronin
La Mort est mon métier de Robert Merle
Le Pays où l’on n’arrive jamais d’André Dhôtel
Le Grand Meaulne de Alain-Fournier
Les raisins de la colère et À l’est d’Eden de Steinbeck
Le journal d’Anne Franck
La bicyclette bleue de Régine Deforges
Germinal, Au bonheur des dames, L’assommoir et L’œuvre d'Émile Zola
Le Rouge et le Noir de Stendhal
Bel Ami et les nouvelles de Guy de Maupassant
L’étranger et La peste d'Albert Camus
Les nourritures terrestres de Gide
Crime et châtiment de Dostoïevsky
Le désert des tartares de Dino Buzzati
Aujourd’hui, je lis essentiellement de la littérature contemporaine, souvent des auteurs étrangers, anglos-saxons, espagnols, slaves...
Je lis tout le temps, mais lentement.
Bref, voici d’autres ouvrages qui ont jalonné mon parcours de lectrice jusqu’au lycée. Certains ont laissé une empreinte si tenace qu’on peut sûrement en retrouver des bribes plus ou moins évidentes dans les romans que j’écris.
Fantastique maître Renard et Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl
Le Tour du Monde en 80 jours et Michel Strogoff de Jules Verne
Le Castor Grogh et sa tribu d'Alberto Manzi
Deux pour Une d'Erich Kästner
L’île au trésor de Stevenson
Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter
Les poèmes de Prévert et de Blaise Cendrars
E=MC2 mon amour de Patrick Cauvin
Les aventures du Baron de Münchausen
Croc-Blanc et l’Appel de la forêt de Jack London
Les Clés du Royaume de A.J. Cronin
La Mort est mon métier de Robert Merle
Le Pays où l’on n’arrive jamais d’André Dhôtel
Le Grand Meaulne de Alain-Fournier
Les raisins de la colère et À l’est d’Eden de Steinbeck
Le journal d’Anne Franck
La bicyclette bleue de Régine Deforges
Germinal, Au bonheur des dames, L’assommoir et L’œuvre d'Émile Zola
Le Rouge et le Noir de Stendhal
Bel Ami et les nouvelles de Guy de Maupassant
L’étranger et La peste d'Albert Camus
Les nourritures terrestres de Gide
Crime et châtiment de Dostoïevsky
Le désert des tartares de Dino Buzzati
Aujourd’hui, je lis essentiellement de la littérature contemporaine, souvent des auteurs étrangers, anglos-saxons, espagnols, slaves...
Je lis tout le temps, mais lentement.
Vie quotidienne
Puisque l’écriture est aussi mon métier, à quoi
peuvent ressembler mes journées ? C’est à
la fois simple, banal, et un peu mystérieux vu de
l’extérieur.
Je travaille généralement 5 jours sur 7, mais je peux aussi travailler durant les week-end, c’est variable.
Je me mets à mon ordinateur vers 9 heures du matin et je le quitte vers 18 heures (avec une pause déjeuner et une p’tite sieste au milieu) : ça, c’est une excellente journée !
Il y en a de moins bonnes. Il m’arrive de ne travailler que deux heures... ou pas du tout. Dans ces cas-là, je me sens souvent coupable, à moins d’avoir fini quelque chose. Auquel cas, j’assume complètement.
Il m’arrive de travailler le soir aussi, quand j’en ai encore envie, mais rarement au delà de 23 heures...
Durant une journée d’écriture, je suis seule.
Je suis assise.
Je consulte cinquante fois le dictionnaire, cinquante fois internet, j’ouvre des atlas, des livres de photos, je bois du café, je fume (ce qui est mal, oui, oui ) , je parle toute seule, je m’énerve, je gribouille, je relis à haute voix les chapitres précédents.
J’enlève une phrase, un mot. Je change une virgule en point. Je relis encore. Je continue le texte. Puis je jette une page complète.
J’ai mal au dos et au bras droit (je ne tape que d’une main, malheur !).
Je tourne en rond dans mon bureau.
J’ouvre le livre d’un autre, j’en lis trois phrases, puis je me rassois devant l’écran.
Si, à la fin de la journée, j’ai fait progresser mon histoire, si un nouveau personnage a surgi, si j’ai dénoué un problème, si j’ai eu une idée amusante, je suis contente. Le lendemain, je continuerai le chemin.
Si, à la fin de la journée, je sens que le texte s’essouffle, tourne en rond, ne sonne pas, je ne désespère pas : demain, je recommencerai.
En me couchant, je pense à mes personnages, à un problème, à un passage. Je ne crois pas que j’en rêve, mais il peut arriver qu’au matin, d’autres idées soient là, toutes fraîches.
Sinon, il m’arrive de prendre des vacances, de penser à autre chose, et de ne pas toucher à mon ordinateur pendant plusieurs semaines.
Au retour, je suis rouillée et j’ai hâte de reprendre ma vie quotidienne solitaire et pleine de mots.
Je travaille généralement 5 jours sur 7, mais je peux aussi travailler durant les week-end, c’est variable.
Je me mets à mon ordinateur vers 9 heures du matin et je le quitte vers 18 heures (avec une pause déjeuner et une p’tite sieste au milieu) : ça, c’est une excellente journée !
Il y en a de moins bonnes. Il m’arrive de ne travailler que deux heures... ou pas du tout. Dans ces cas-là, je me sens souvent coupable, à moins d’avoir fini quelque chose. Auquel cas, j’assume complètement.
Il m’arrive de travailler le soir aussi, quand j’en ai encore envie, mais rarement au delà de 23 heures...
Durant une journée d’écriture, je suis seule.
Je suis assise.
Je consulte cinquante fois le dictionnaire, cinquante fois internet, j’ouvre des atlas, des livres de photos, je bois du café, je fume (ce qui est mal, oui, oui ) , je parle toute seule, je m’énerve, je gribouille, je relis à haute voix les chapitres précédents.
J’enlève une phrase, un mot. Je change une virgule en point. Je relis encore. Je continue le texte. Puis je jette une page complète.
J’ai mal au dos et au bras droit (je ne tape que d’une main, malheur !).
Je tourne en rond dans mon bureau.
J’ouvre le livre d’un autre, j’en lis trois phrases, puis je me rassois devant l’écran.
Si, à la fin de la journée, j’ai fait progresser mon histoire, si un nouveau personnage a surgi, si j’ai dénoué un problème, si j’ai eu une idée amusante, je suis contente. Le lendemain, je continuerai le chemin.
Si, à la fin de la journée, je sens que le texte s’essouffle, tourne en rond, ne sonne pas, je ne désespère pas : demain, je recommencerai.
En me couchant, je pense à mes personnages, à un problème, à un passage. Je ne crois pas que j’en rêve, mais il peut arriver qu’au matin, d’autres idées soient là, toutes fraîches.
Sinon, il m’arrive de prendre des vacances, de penser à autre chose, et de ne pas toucher à mon ordinateur pendant plusieurs semaines.
Au retour, je suis rouillée et j’ai hâte de reprendre ma vie quotidienne solitaire et pleine de mots.
Rencontres et discussions
Comme tous mes camarades écrivains qui publient pour
la jeunesse, je suis très souvent sollicitée pour
venir à la rencontre des jeunes, dans les collèges,
les lycées, les médiathèques, les associations, les
salons du livre, les festivals etc.
Il se passe un nombre d’événements incalculable sur notre territoire, et c’est réjouissant !
Après avoir, durant plus d’un an, refusé toutes les invitations pour me consacrer à mes projets d’écriture, j’ai repris le chemin des rencontres.
Cependant, il m’est impossible de répondre présente à tout le monde, sans quoi je n’aurais plus assez de temps pour écrire, et pour le reste : c’est à dire, la vie !
Mon planning 2009-2010 est déjà très chargé, je m’arrête là...
Pour l’année suivante, je ne prendrai pas de rendez-vous avant mai ou juin 2010.
Merci de votre compréhension !
Il se passe un nombre d’événements incalculable sur notre territoire, et c’est réjouissant !
Après avoir, durant plus d’un an, refusé toutes les invitations pour me consacrer à mes projets d’écriture, j’ai repris le chemin des rencontres.
Cependant, il m’est impossible de répondre présente à tout le monde, sans quoi je n’aurais plus assez de temps pour écrire, et pour le reste : c’est à dire, la vie !
Mon planning 2009-2010 est déjà très chargé, je m’arrête là...
Pour l’année suivante, je ne prendrai pas de rendez-vous avant mai ou juin 2010.
Merci de votre compréhension !
Mes lectures du moment
Sans autre ambition que de partager mes émotions de
lectrice, mes
impressions et mes reflexions... Comme ça, au fil des envies...
____________________
Octobre 2007
____________________
Les mémoires d'une jeune fille rangée
de Simone de Beauvoir / Folio
Un coup de cœur pour ce classique que je n’avais jamais lu.
J’avais pioché par hasard « Une mort très douce » cet été, dans la bibliothèque d’une maison de campagne, et cette lecture m’avait touchée et intriguée. On y entrevoyait les rapports complexes de l’auteur avec sa mère, un passé lourd de silence et d’incompréhension. J’ai donc repris le fil à son commencement.
L’écriture de Simone de Beauvoir est si précise, si intelligente qu’elle vous rend intelligent. J’ai été fascinée tout le long de ses « mémoires » par le parcours de cette enfant qui devient adolescente et femme, à la force du poignet, dans un univers social tellement étouffant et contraignant. C’est le récit d’une éclosion, d’une libération, d’une naissance au monde, à la vie, à la philosophie, la construction d’un individu analysée pas à pas, et remarquablement transmise.
J’ignore si cette lecture m’aurait autant emballée à l’adolescence, mais peut-être que oui, à cause des fulgurances de douleur et d’exaltation, de cette oscillation permanente entre découragement et avidité face à l’avenir, qui sont sans doute très universels. J’ai eu envie de m’arrêter bien des fois pour noter certaines phrases, frappée par leur justesse.
En voici une au hasard : « Le monde était autour de moi une énorme présence confuse. Je marchais à grand pas, frôlée par son haleine épaisse. Je me disais que somme toute il était bien intéressant de vivre » - Ce livre est une rencontre forte.
Falaises
d'Olivier Adam / Points Seuil
Sombre, obsédant, ce roman est un voyage au bord du vide... Un pas de trop, et on tombe.
J’ai aimé l’écriture franche, les atmosphères, les questions posées.
Le livre joue sur une certaine ambiguité entre roman et récit autobiographique, simplement par le fait que le narrateur se nomme Olivier, et cela provoque un trouble chez le lecteur. Est-on en train de lire une « histoire vraie » ? Moi qui défend l’idée qu’une histoire, même inventée, est toujours « vraie » quand elle est sincère et nourrie d’humanité, j’ai été un peu piégée et amenée à réfléchir.
Est-ce qu’une histoire terrible l’est d’autant plus qu’elle a été effectivement vécue par le narrateur ? Est-ce qu’elle prend alors une dimension supérieure au roman en étant un témoignage ? Un romancier n’est-il pas, de toute façon, un témoin ? Faut-il avoir vécu ce que l’on raconte pour être légitime ?
Questions, questions... pas de réponse hâtive.
Ravel
de Jean Echenoz / Minuit
Ce livre m’a fait l’effet d’une leçon : court mais dense, c’est un fil tendu qui tient sur les dix dernières années de la vie de Ravel.
Une vision poétique, distanciée, nourrie par un humour presque anglais, élégant et décalé. On suit Ravel de sa minuscule maison de banlieue jusqu’aux Etats-Unis en passant par un transatlantique, l’Allemagne ou les plages de Saint-Jean-de-Luz, et l’auteur nous relate ses questionnements vestimentaires (très pointus !) autant que ses problèmes de créateur.
Ça sonne juste. C’est maîtrisé tout autant que fantasque et ça coule tout seul, dans une sorte de douceur spéciale qui laisse des traces.
J’ai lu « Un an » juste après, et j’ai moins aimé. Mais je vais lire « Je m’en vais » très bientôt.
Ouest
de François Vallejo / Viviane Hamy
Je suis très sensible aux atmosphères : celle de ce roman me restera sûrement en mémoire. Lourde, boueuse, sombre, tendue, violente, soutenue par une écriture étrange, classique et moderne à la fois, dont la musique vient à mesure qu’on avance dans le livre.
J’ai beaucoup aimé cette vision d’un monde retranché, clos, à travers lequel on perçoit les échos d’évènements historiques lointains. Le personnage du garde-chasse (et de sa meute) me laisse une forte impression.
____________________
Avril 2007
____________________
Sans connaissance
de Eric Mc Comber / Autrement
Québec
Une chronique certainement très autobiographique d’une jeunesse dans les quartiers de Montréal-Nord. Attention, ce texte fourmille d’expressions et de tournures très singulières en « joual », argot populaire québécois, ponctué de jurons très colorés, écrits de façon phonétique. Exemple : « Ben t’es un beau crisse de phallocrate, toi, câlisse ! Tu mérites jusse que ch’te crache au visage, tabarnak ! » ou « Kess tu veux ksa m’câlisse ? Kessé que ch’câlisse icitte si stait pas pour me saouler la yeule, man ? »
Moi, je me suis régalée, d’autant que l’on m’avait un peu initié à ce langage lors de mon court séjour à Montréal en novembre 2006, mais ça peut dérouter.
Avec beaucoup d’humour et d’invention l’auteur nous embarque dans les soirées arrosées, les règlements de comptes entre « gagnes » de quartier, la galère des petits boulots et une quête sentimentale qui se traduit essentiellement par un tournis d’aventures sexuelles... J’ai beaucoup aimé ce mélange de noirceur et d’humour. (Je remercie ma sœur de me l’avoir prêté !)
____________________
La vie secrète de E.Robert Pendelton
de Michaël Collins / Christian Bourgois
Traduit de l’américain
Cœur battant, j’ai acheté ce livre les yeux fermés : Michaël Collins est l’un des mes auteurs favoris depuis que j’ai découvert « La filière émeraude », « Les gardiens de la vérité » et « Les prédateurs » (Lisez-les ! Ils sont tous parus en poche – Point Seuil). J’avais moins aimé « Les âmes perdues », son précédent, mais c’était sans rancune. Cette fois, je suis encore un peu partagée, mais j’ai quand même retrouvé la patte de l’auteur (et du traducteur !) avec grand plaisir.
Une histoire d’écrivains hantés par la peur de l’échec, ou par celle... du succès, dans un milieu universitaire plein de fatuité, de médiocrité, et de désillusion. Au centre, la question de la réalité et de la fiction, une enquête policière qui tente de demêler les fils embrouillés de la création littéraire lorsqu’elle trempe sa plume dans un meurtre véritable... Comme toujours, Michaël Collins ne tranche pas : c’est justement ce que j’apprécie.
____________________
Entre les murs
de François Bégaudeau / Gallimard - Folio
Une année dans un collège du 19è arrondissement à Paris : pratiquement pas une fois le récit ne s’aventure hors des murs, justement ; on reste en classe, dans la salle des profs, dans la cour. Branchés sur le rythme des 55 minutes de cours, la pause café, les vacances, les conseils de classe, les épreuves du Brevet, les aller-retours dans le bureau du Principal...
Du vrai de vrai ! Du vécu, du brut, beaucoup d’humour et de tendresse pour masquer le découragement, la lassitude, la noirceur et la difficulté à trouver un vocabulaire commun. J’ai beaucoup aimé la retranscription inventive (mais fidèle !) du langage des élèves, une sorte de « joual » (cf.plus haut) français.
____________________
Janvier 2007
____________________
La Faim de Hoffman
de Léon de Winter / Point Seuil
Traduit du néerlandais
C’est un livre sombre et drôlatique, qui nous plonge dans une atmosphère
étrange, entre Prague, la Hollande et les Etats-Unis à la fin de la guerre
froide. Les personnages centraux ont faim. Ils se gavent pour combler leurs
manques, pour atténuer leurs souffrances. Hoffman, l’ambassadeur des
Pays-Bas à Prague, lit Spinoza avec acharnement et se trouve mêlé à une
embrouille des services secrets. Tandis que le monde change, il essaie de
faire le deuil de ses deux filles, mortes l’une et l’autre à quinze ans
d’intervalle, et dont les souvenirs le consumme.
Il y a dans ce livre un mélange de gravité et de dérisoire, et j’aime
beaucoup ça.
____________________
Le contrat
de Donald Westlake / Rivage (poche)
Traduit de l’américain
Ce livre m’a fait beaucoup rire ! Il se lit vite et les rebondissements vous
laisse parfois sur le flanc. Quel savoir-faire ! C’est l’histoire de deux
écrivains new-yorkais : l’un connaît la gloire, l’autre est passé à côté.
Mais le premier ne se sort pas d’une panne d’inspiration inquiétante. Ils
vont conclure un contrat sulfureux, censé les arranger autant l’un que
l’autre, mais...
Tout ce qui concerne l’écriture est traité avec une ironie grinçante et une
justesse qui fait mouche. Notamment quand on est en panne soi-même !
____________________
Middlesex
de Jeffrey Eugenides / Point Seuil
Traduit de l’américain
Je suis en train de le terminer, mais je ne résiste pas au plaisir de parler
de ce roman. Un régal, un délice d’intelligence, d’humour et de sensibilité.
C’est foisonnant, plein de personnages attachants, de ces romans-fleuve
qu’on a envie de dévorer mais qu’on déguste pour ne pas arriver trop vite au
bout.
Difficile d’en donner un aperçu, mais en gros c’est une saga familiale qui
s’étend sur une bonne partie du 20ème siècle. On part de Grèce, on migre
vers les USA, on découvre Détroit pendant la crise de 29, tout en suivant
les affres identitaires et sentimentaux du narrateur, à Berlin, dans les
années 90. Ce qui est magistral, c’est cette façon d’entrelacer la grande
Histoire avec la petite, de nous faire traverser les soubresauts politiques,
économiques, à travers les soubresauts intimes de toute une famille. La
justesse, la précision de l’écriture...j’en suis baba.
impressions et mes reflexions... Comme ça, au fil des envies...
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Octobre 2007
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Les mémoires d'une jeune fille rangée
de Simone de Beauvoir / Folio
Un coup de cœur pour ce classique que je n’avais jamais lu.
J’avais pioché par hasard « Une mort très douce » cet été, dans la bibliothèque d’une maison de campagne, et cette lecture m’avait touchée et intriguée. On y entrevoyait les rapports complexes de l’auteur avec sa mère, un passé lourd de silence et d’incompréhension. J’ai donc repris le fil à son commencement.
L’écriture de Simone de Beauvoir est si précise, si intelligente qu’elle vous rend intelligent. J’ai été fascinée tout le long de ses « mémoires » par le parcours de cette enfant qui devient adolescente et femme, à la force du poignet, dans un univers social tellement étouffant et contraignant. C’est le récit d’une éclosion, d’une libération, d’une naissance au monde, à la vie, à la philosophie, la construction d’un individu analysée pas à pas, et remarquablement transmise.
J’ignore si cette lecture m’aurait autant emballée à l’adolescence, mais peut-être que oui, à cause des fulgurances de douleur et d’exaltation, de cette oscillation permanente entre découragement et avidité face à l’avenir, qui sont sans doute très universels. J’ai eu envie de m’arrêter bien des fois pour noter certaines phrases, frappée par leur justesse.
En voici une au hasard : « Le monde était autour de moi une énorme présence confuse. Je marchais à grand pas, frôlée par son haleine épaisse. Je me disais que somme toute il était bien intéressant de vivre » - Ce livre est une rencontre forte.
Falaises
d'Olivier Adam / Points Seuil
Sombre, obsédant, ce roman est un voyage au bord du vide... Un pas de trop, et on tombe.
J’ai aimé l’écriture franche, les atmosphères, les questions posées.
Le livre joue sur une certaine ambiguité entre roman et récit autobiographique, simplement par le fait que le narrateur se nomme Olivier, et cela provoque un trouble chez le lecteur. Est-on en train de lire une « histoire vraie » ? Moi qui défend l’idée qu’une histoire, même inventée, est toujours « vraie » quand elle est sincère et nourrie d’humanité, j’ai été un peu piégée et amenée à réfléchir.
Est-ce qu’une histoire terrible l’est d’autant plus qu’elle a été effectivement vécue par le narrateur ? Est-ce qu’elle prend alors une dimension supérieure au roman en étant un témoignage ? Un romancier n’est-il pas, de toute façon, un témoin ? Faut-il avoir vécu ce que l’on raconte pour être légitime ?
Questions, questions... pas de réponse hâtive.
Ravel
de Jean Echenoz / Minuit
Ce livre m’a fait l’effet d’une leçon : court mais dense, c’est un fil tendu qui tient sur les dix dernières années de la vie de Ravel.
Une vision poétique, distanciée, nourrie par un humour presque anglais, élégant et décalé. On suit Ravel de sa minuscule maison de banlieue jusqu’aux Etats-Unis en passant par un transatlantique, l’Allemagne ou les plages de Saint-Jean-de-Luz, et l’auteur nous relate ses questionnements vestimentaires (très pointus !) autant que ses problèmes de créateur.
Ça sonne juste. C’est maîtrisé tout autant que fantasque et ça coule tout seul, dans une sorte de douceur spéciale qui laisse des traces.
J’ai lu « Un an » juste après, et j’ai moins aimé. Mais je vais lire « Je m’en vais » très bientôt.
Ouest
de François Vallejo / Viviane Hamy
Je suis très sensible aux atmosphères : celle de ce roman me restera sûrement en mémoire. Lourde, boueuse, sombre, tendue, violente, soutenue par une écriture étrange, classique et moderne à la fois, dont la musique vient à mesure qu’on avance dans le livre.
J’ai beaucoup aimé cette vision d’un monde retranché, clos, à travers lequel on perçoit les échos d’évènements historiques lointains. Le personnage du garde-chasse (et de sa meute) me laisse une forte impression.
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Avril 2007
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Sans connaissance
de Eric Mc Comber / Autrement
Québec
Une chronique certainement très autobiographique d’une jeunesse dans les quartiers de Montréal-Nord. Attention, ce texte fourmille d’expressions et de tournures très singulières en « joual », argot populaire québécois, ponctué de jurons très colorés, écrits de façon phonétique. Exemple : « Ben t’es un beau crisse de phallocrate, toi, câlisse ! Tu mérites jusse que ch’te crache au visage, tabarnak ! » ou « Kess tu veux ksa m’câlisse ? Kessé que ch’câlisse icitte si stait pas pour me saouler la yeule, man ? »
Moi, je me suis régalée, d’autant que l’on m’avait un peu initié à ce langage lors de mon court séjour à Montréal en novembre 2006, mais ça peut dérouter.
Avec beaucoup d’humour et d’invention l’auteur nous embarque dans les soirées arrosées, les règlements de comptes entre « gagnes » de quartier, la galère des petits boulots et une quête sentimentale qui se traduit essentiellement par un tournis d’aventures sexuelles... J’ai beaucoup aimé ce mélange de noirceur et d’humour. (Je remercie ma sœur de me l’avoir prêté !)
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La vie secrète de E.Robert Pendelton
de Michaël Collins / Christian Bourgois
Traduit de l’américain
Cœur battant, j’ai acheté ce livre les yeux fermés : Michaël Collins est l’un des mes auteurs favoris depuis que j’ai découvert « La filière émeraude », « Les gardiens de la vérité » et « Les prédateurs » (Lisez-les ! Ils sont tous parus en poche – Point Seuil). J’avais moins aimé « Les âmes perdues », son précédent, mais c’était sans rancune. Cette fois, je suis encore un peu partagée, mais j’ai quand même retrouvé la patte de l’auteur (et du traducteur !) avec grand plaisir.
Une histoire d’écrivains hantés par la peur de l’échec, ou par celle... du succès, dans un milieu universitaire plein de fatuité, de médiocrité, et de désillusion. Au centre, la question de la réalité et de la fiction, une enquête policière qui tente de demêler les fils embrouillés de la création littéraire lorsqu’elle trempe sa plume dans un meurtre véritable... Comme toujours, Michaël Collins ne tranche pas : c’est justement ce que j’apprécie.
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Entre les murs
de François Bégaudeau / Gallimard - Folio
Une année dans un collège du 19è arrondissement à Paris : pratiquement pas une fois le récit ne s’aventure hors des murs, justement ; on reste en classe, dans la salle des profs, dans la cour. Branchés sur le rythme des 55 minutes de cours, la pause café, les vacances, les conseils de classe, les épreuves du Brevet, les aller-retours dans le bureau du Principal...
Du vrai de vrai ! Du vécu, du brut, beaucoup d’humour et de tendresse pour masquer le découragement, la lassitude, la noirceur et la difficulté à trouver un vocabulaire commun. J’ai beaucoup aimé la retranscription inventive (mais fidèle !) du langage des élèves, une sorte de « joual » (cf.plus haut) français.
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Janvier 2007
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La Faim de Hoffman
de Léon de Winter / Point Seuil
Traduit du néerlandais
C’est un livre sombre et drôlatique, qui nous plonge dans une atmosphère
étrange, entre Prague, la Hollande et les Etats-Unis à la fin de la guerre
froide. Les personnages centraux ont faim. Ils se gavent pour combler leurs
manques, pour atténuer leurs souffrances. Hoffman, l’ambassadeur des
Pays-Bas à Prague, lit Spinoza avec acharnement et se trouve mêlé à une
embrouille des services secrets. Tandis que le monde change, il essaie de
faire le deuil de ses deux filles, mortes l’une et l’autre à quinze ans
d’intervalle, et dont les souvenirs le consumme.
Il y a dans ce livre un mélange de gravité et de dérisoire, et j’aime
beaucoup ça.
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Le contrat
de Donald Westlake / Rivage (poche)
Traduit de l’américain
Ce livre m’a fait beaucoup rire ! Il se lit vite et les rebondissements vous
laisse parfois sur le flanc. Quel savoir-faire ! C’est l’histoire de deux
écrivains new-yorkais : l’un connaît la gloire, l’autre est passé à côté.
Mais le premier ne se sort pas d’une panne d’inspiration inquiétante. Ils
vont conclure un contrat sulfureux, censé les arranger autant l’un que
l’autre, mais...
Tout ce qui concerne l’écriture est traité avec une ironie grinçante et une
justesse qui fait mouche. Notamment quand on est en panne soi-même !
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Middlesex
de Jeffrey Eugenides / Point Seuil
Traduit de l’américain
Je suis en train de le terminer, mais je ne résiste pas au plaisir de parler
de ce roman. Un régal, un délice d’intelligence, d’humour et de sensibilité.
C’est foisonnant, plein de personnages attachants, de ces romans-fleuve
qu’on a envie de dévorer mais qu’on déguste pour ne pas arriver trop vite au
bout.
Difficile d’en donner un aperçu, mais en gros c’est une saga familiale qui
s’étend sur une bonne partie du 20ème siècle. On part de Grèce, on migre
vers les USA, on découvre Détroit pendant la crise de 29, tout en suivant
les affres identitaires et sentimentaux du narrateur, à Berlin, dans les
années 90. Ce qui est magistral, c’est cette façon d’entrelacer la grande
Histoire avec la petite, de nous faire traverser les soubresauts politiques,
économiques, à travers les soubresauts intimes de toute une famille. La
justesse, la précision de l’écriture...j’en suis baba.
Notes de voyage
Jusqu'à présent, je voyageais uniquement dans ma
tête... Mes livres m'ont donné la chance de voyager
aussi pour de bon.
Pas encore grande baroudeuse, c'est sûr, mais j'ai essayé de ne pas en perdre une miette!
Pour commencer, mon journal de bord du Chili, automne 2005.
Pas encore grande baroudeuse, c'est sûr, mais j'ai essayé de ne pas en perdre une miette!
Pour commencer, mon journal de bord du Chili, automne 2005.
Mes livres traduits
Mes livres voyagent aussi !
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